Dans ta maison, mais dans ta maison seulement.

Si c est le dernier qui a parlé, qui a raison. Je lui laisse volontiers le dernier mot et sa vérité fallacieuse. 



Travailler c est pas bon

Se donner les moyens de ne rien faire est un travail à plein temps.



Hé Mami

Patrick Font et Philippe Val
LA VIEILLE

J’ai pas besoin de vous pour ranger mes vêtements
Partez vous m’encombrez dit la vieille en sautant
Pieds joints sur sa valise on aurait dit Popeye
Elle avait encore la souplesse des abeilles
Et d’un pas décidé vers la gare Saint Lazare
Tandis qu’on faisait semblant de pleurer son départ
Elle s’en allait trottant son bagage à la main
Avec deux ou trois pose pour se tenir les reins

J’ai pas besoin de vous dit-elle au contrôleur
Laissez-moi ma valise j’en ai pour un quart d’heure
L’hospice est en banlieue, on dit que c’est un château
Ou les vieux jouent au Scrabble et aux petits chevaux
Moi j’ai horreur de ça comprenez-vous Monsieur
Je n’aime que les westerns avec plein de coups de feu
J’ai vu 14 fois l’infernale chevauchée
Je vous raconterais bien mais nous sommes arrivés

J’ai pas besoin de vous dit elle à l’infirmière
Pour déplier mes draps, laissez-moi j’ai a faire
Alors de sa valise à l’abri des regards
Elle sortit 20 bouteilles d’un célèbre pinard
Descendit au salon ou les vieux et les vieilles
Jouaient aux petits chevaux en se grattant l’oreille
Bonsoir, messieurs mesdames, je m’appelle Fanchon
L’un d’entre vous n’aurait-il pas un tire bouchon

J’ai pas besoin de vous dit-elle au médecin
En élevant vers lui son troisième verre de vin
Tandis que les vieillards autour de la pendule
Chantaient à quatre voix « la grosse bite à Dudule »
Et l’on vit ce spectacle oh ! combien ravissant
De 80 gâteux quittant l’établissement
Afin de ratisser les hospices du pays
Arrachant à la mort, les moribonds surpris !

J’ai pas besoin de vous disait-elle au curé
Qui sur le lit d’un vieux s’esquintait à prier
Vous voyez bien que ce cadavre n’est pas mort
S’il ne respire plus, par contre il bande encore
Un petit coup de branlette le remettra sur ses pattes
Comme un coup de manivelle sur une vieille Juva 4
Le prêtre révulsé tomba les bras en croix
Il respirait encore, mais il ne bandait pas

J’ai pas besoin de vous répétaient tous les vieux
Chaque fois qu’un député voulait s’occuper d’eux
Car vous n’avez pas su vous occupez de nous
Du temps ou nous avions encore confiance en vous
Tous les moyens sont bons pour gagner la coupole
Si les morpions votaient vous auriez la vérole
En tant qu’improductifs nous ne produirons pas
Un imbécile de plus à la tête de l’état

J’ai pas besoin de vous dit-elle au nécrophage
Qui la poussait dans le ghetto du troisième âge
« Saloperie de technocrate qui inventa cette formule
Du haut de mon mépris saloperie je t’encule
C’est la première fois que je dis un gros mot »
Et tout en se servant un petit verre de porto



Pour bien comprendre puisque le dico ne suffit pas !

Il me semble qu’on parle beaucoup de cynisme, ces temps-ci, de ce cynisme en lequel plusieurs sont tentés de voir le mal politique de notre époque.

Pour un philosophe, le mot a de fortes résonances, puisqu’il désigne une assez extravagante école philosophique de l’Antiquité qui vantait, entre autres, les vertus de l’autosuffisance, de l’ascétisme et de la frugalité.

Mais le cynisme contemporain n’a pas beaucoup en commun avec elle, et il est très probable que la grande majorité des gens qui se disent ou qu’on dit cyniques n’ont jamais entendu parler d’Antisthène ou de Diogène, deux des plus célèbres cyniques de l’Antiquité.

Qu’est-ce donc qu’un ou une cynique, au sens actuel du terme?

Le cynisme peut être défini comme un mélange de lucidité et de dénigrement, comme ce double mouvement par lequel la réalité est simultanément mise à nu et condamnée. Ambrose Bierce définissait en ce sens un cynique (je paraphrase) comme une personne qui a le manque d’élégance de voir les choses comme elles sont et non comme tout le monde souhaiterait qu’elles soient. Pour cette raison, ajoutait-il, le cynique est jugé être un grossier personnage par ceux et celles qui ne le sont pas – et lui-même voit d’ailleurs dans le refus généralisé de voir les choses comme elles sont et d’en tirer les conséquences qui s’imposent comme un nouvel aliment pour son cynisme: comment réagir, sinon avec cynisme, devant ceux qui ne sont pas cyniques?

Le cynisme actuel, comme c’est souvent le cas des grandes idéologies qui traversent une société, a du bon et du mauvais.

Commençons par le bon.

Pour ma part, j’aime, chez le cynique, cette ambition de lucidité, cette exigence de ne pas s’en laisser conter, cette volonté d’arracher les masques et de mettre à nu, le cas échéant, sous les dehors vertueux que les gens et les institutions aiment montrer et auxquels on voudrait qu’on s’arrête, leur vraie nature, leur manque de sincérité et leurs réelles motivations, bien moins nobles.

On le sait: il y a à notre époque une quantité phénoménale de travail de ce type à faire, et les élections en cours, plus que tout autre moment politique, sont de nature à nourrir un très profond cynisme. Et en ce sens, un certain rapprochement avec le cynisme ancien est justifié: celui-ci professait en effet une indifférence confinant au mépris des institutions sociales et politiques.

Un autre aspect du cynisme que j’aime bien est cet humour si particulier qu’il incite à pratiquer, un humour à la fois désabusé, mordant et sarcastique. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si notre cynique époque affectionne tant l’humour. Cette fois encore, un certain rapprochement avec les cyniques de l’Antiquité, connus pour leurs bons mots, est possible. Pour m’en tenir à cet exemple, à Alexandre le Grand, qui proposait de lui offrir absolument tout ce qu’il pouvait désirer, le cynique Diogène, qui habitait dans un tonneau, aurait simplement répondu: «Ôte-toi de mon soleil». Quoi qu’il en soit, je perçois dans certaines manifestations de l’humour des cyniques quelque chose qui ressemble à l’humour noir, par lequel l’esprit ne se déclare pas vaincu, même devant une réalité qui semble devoir l’emporter sur nos désirs et nos espoirs.

Mais c’est justement à propos d’espoir que, pour moi, le cynisme actuel peut être décevant: quand il se prolonge jusqu’à le bannir tout à fait. Cela se produit quand, devant le réel au masque arraché, on ne se contente plus de sourire, mais on conclut, résigné, qu’il n’y a absolument rien à faire. C’est ce cynisme-là, teinté de pessimisme, que je trouve désolant. Celui des militantes et militants que je connais est différent, et à défaut d’être naïvement optimiste, il se prolonge dans l’action avec la conviction qu’on peut et qu’on doit changer les choses.

Comment faire des militants avec des cyniques pessimistes? Sans doute, en partie au moins, en redonnant de l’espoir. Et c’est pourquoi plusieurs pensent que le grand défi de notre moment historique est de nourrir l’espoir en montrant, à ceux et celles qui désespèrent de notre monde et qui en connaissent tous les défauts, parfois pour avoir payé la leçon d’un si fort prix, qu’un autre est possible.

Ce travail est parfois compliqué par un autre défaut que je relève aussi dans le cynisme contemporain: son relativisme. Et ici, le cynisme actuel s’éloigne absolument du cynisme ancien, qui était une entreprise intellectuelle confiante dans les pouvoirs de la raison. Le nôtre s’exerce parfois, à tort, jusque contre celle-ci, jugeant que science et raison, dont les défauts ne sont ignorés de personne, ne sont, immanquablement, rien d’autre que des masques d’intérêts économiques ou idéologiques, sans prise sur le réel. Ce cynisme ne se contente pas d’arracher les masques: il décide à l’avance que tout est masque, que rien n’est sincère et n’a de valeur. Ce cynisme-là est suicidaire. Et si vous ne me croyez pas, essayez d’échanger avec un climatosceptique!

Concluons par une formule, imparfaite, sans doute, mais qui saisit assez bien ce que j’ai voulu dire: «Penser en cynique, mais agir en militant.»



Foi électrique.

Lu sur facebook : 

je suis lumiere je me dirige vers la lumiere et je répands la lumiere

Oh pitin, les plombs ont encore sauté.



Camille et ses cinq sens.

Nos sens sont là pour nous guider, ils sont nos premiers alliés sur notre chemin de vie… 

ECOUTER. Avec attention. Pour apprendre, questionner, échanger. Ecouter sa voix intérieure, son instinct, ses besoins. Eviter les bruits stridents, les bruits pour rien. Car écouter, c’est aussi affaire de silence.

TOUCHER. Être au contact. Considérer. Comprendre. Ressentir. S’impliquer. Développer son adresse, avoir du doigté parce qu’il en faut de l’habileté pour avancer sereinement dans la vie.

GOÛTER. Tester. Explorer. Sans jugement. Se laisser surprendre. S’inspirer. Pour mieux créer. Pour mieux jouer. Aiguiser ses papilles comme autant de récepteurs du plaisir, de la vie, de l’envie.

REGARDER. Distinguer, repérer, ouvrir le champ. Lever le nez. Contempler. Un regard suffit au perspicace. Une image à l’inspiration. Un œil à la vigilance.

RESPIRER. Humer les bonnes odeurs. Flairer la bonne piste. Sentir le vent qui tourne. Inspirer, aérer. Expirer, expulser. Faire circuler les énergies, ventiler.

« Rien dans notre intelligence qui ne soit passé par nos sens. » Aristote



Prudence.

Ne poser que les questions dont on est capable d’entendre les réponses !



Météo et géant.

L’avantage d’être grand c’est de savoir avant les autres quand il pleut.

Pierre Desproge.



Laisser les cheveux vivre ?

Ah non alors, pour entrevoir un front qui pousse par endroit et une clairsemance faisant entrevoir l’installation d ‘une tonsure qui me ferait ressembler à un penseur judéo-crétin?

Ah que non, je les guette, « bascule à charlot » portative en main et dès que je sens mon crâne se transformer en « gratounette de spontex » je me transforme en Atila capilicole et le temps d’une douche et j’entame le génocide salvateur de l’épis rebelle.

images

 

 



Au nom du père et du fils et de toute cette fumisterie.

J’ai déposé au pied du mausolée, les derniers chapelets de souvenirs qu’il me restait; Je les ai déposé au pied du mausolée comme le dernier acte de l’adieu. Je les ai déposés au pied du mausolée comme si c’est moi qui partais pour en supporter la responsabilité et pour ne pas te la faire peser, comme autrefois, comme je l’ai toujours fait, comme mon dernier acte d’amour de père à son enfant. Et je rends grâce au ciel de t’avoir choisi, toi plutôt que moi, et que tu n’aies pas à vivre la détresse, la douleur et le profond chagrin de l’absence du vide, du néant. de ton absence et de mon vide et de mon néant.



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